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Guide investissement senior retraite #70 : conseils pratiques

Investissements financiers adaptés aux seniors retraités. Fiche pratique numéro 70 avec exemples et solutions concrètes.

À la retraite, investir reste non seulement possible, mais souvent nécessaire pour préserver son pouvoir d’achat face à l’inflation. Cette fiche pratique numéro 70 vous présente les solutions d’investissement les plus adaptées aux seniors français en 2025-2026, avec des exemples concrets et des conseils directement actionnables.


Pourquoi investir quand on est senior retraité ?

Beaucoup de retraités pensent que l’investissement est réservé aux actifs. C’est une idée reçue qui peut coûter cher.

Avec une pension moyenne de 1 500 € par mois en France et une inflation qui érode progressivement le pouvoir d’achat, laisser son épargne dormir sur un livret A à 3 % n’est pas suffisant. Investir une partie de ses économies permet de générer des revenus complémentaires, de transmettre un patrimoine, et de financer des besoins futurs comme une dépendance ou des travaux.

L’enjeu n’est pas de s’enrichir à tout prix, mais de protéger ce qu’on a construit et de le faire travailler intelligemment.


Quels placements sont vraiment adaptés aux seniors en 2025 ?

Tout ne convient pas à un retraité de 65, 70 ou 80 ans. Le profil de risque change avec l’âge, et l’horizon de placement se raccourcit. Voici les grandes familles de produits à considérer.

L’assurance-vie : le pilier incontournable

L’assurance-vie reste le placement préféré des Français, et pour de bonnes raisons. Elle combine souplesse, avantage fiscal et transmission facilitée.

En 2025, les fonds en euros des grandes compagnies affichent des rendements entre 2,5 % et 3,5 % nets. C’est modeste, mais garanti et sans risque de perte en capital.

Pour un senior, l’assurance-vie présente trois avantages majeurs :

  • Exonération partielle à la succession : les capitaux transmis aux bénéficiaires désignés bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, hors droits de succession classiques
  • Liquidité permanente : vous pouvez retirer à tout moment, avec une fiscalité allégée après 8 ans de détention
  • Diversification possible : en ajoutant des unités de compte (UC) sécurisées, vous pouvez viser des rendements supérieurs

Exemple concret : Martine, 68 ans, a 80 000 € d’épargne. Elle place 60 000 € sur un fonds euros à 3 % et 20 000 € sur des UC obligataires. En 2026, elle perçoit environ 2 400 € d’intérêts annuels avec un risque très limité.

Le PER (Plan d’Épargne Retraite) : encore utile après 60 ans ?

Le PER peut encore être intéressant pour des retraités qui ont des revenus élevés et veulent réduire leur imposition. Les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % des revenus.

Mais attention : passé 70 ans, l’intérêt fiscal diminue et la liquidité limitée peut poser problème. Il faut peser soigneusement avant d’y investir des fonds dont vous pourriez avoir besoin rapidement.

L’immobilier locatif et les SCPI : des revenus réguliers sans contraintes

Investir dans la pierre reste une valeur refuge. Mais gérer un bien locatif à 75 ans peut devenir fatigant.

Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) offrent une alternative intéressante : vous investissez dans l’immobilier sans vous occuper des locataires, des travaux ou de la comptabilité. Une société de gestion s’occupe de tout.

En 2025, les meilleures SCPI affichent des taux de distribution autour de 4 % à 5,5 % brut annuel.

Exemple concret : Jean-Pierre, 72 ans, investit 30 000 € dans une SCPI à 4,8 % de rendement. Il perçoit environ 120 € par mois de revenus complémentaires, versés directement sur son compte.


Combien faut-il investir selon son profil et son âge ?

Il n’existe pas de réponse universelle, mais voici des repères utiles basés sur les recommandations des conseillers en gestion de patrimoine en 2025-2026.

ÂgeÉpargne de précautionPart en placements sécurisésPart en placements dynamiques
60-65 ans6 mois de dépenses50-60 %30-40 %
65-70 ans8 mois de dépenses65-75 %20-30 %
70-75 ans12 mois de dépenses75-85 %10-20 %
Plus de 75 ans12-18 mois de dépenses85-95 %5-10 %

Ces fourchettes sont des guides, pas des règles absolues. Un retraité de 72 ans en bonne santé avec une retraite confortable peut se permettre une part plus dynamique qu’un retraité de 65 ans avec de faibles revenus.


Comment sécuriser ses investissements contre les risques de la retraite ?

La principale préoccupation d’un investisseur senior n’est pas le rendement maximum. C’est la protection contre trois risques spécifiques :

1. Le risque de longévité Vivre jusqu’à 90 ou 95 ans est désormais courant. Il faut prévoir que son épargne dure assez longtemps. Un retraité de 65 ans aujourd’hui a une espérance de vie statistique de 22 ans supplémentaires.

2. Le risque de dépendance Les frais d’EHPAD atteignent en moyenne 2 500 € à 3 500 € par mois en 2025. Prévoir un capital ou une assurance dépendance est essentiel. Pour en savoir plus, consultez notre Guide financement EHPAD senior #59 : conseils pratiques.

3. Le risque de perte en capital À 75 ans, il est difficile de “rebondir” après une chute des marchés. Mieux vaut donc éviter les placements trop volatils et privilégier des produits à capital garanti ou quasi-garanti.


Quelles stratégies concrètes pour optimiser ses revenus de retraite ?

Stratégie 1 : La répartition “sécurité-rendement-transmission”

Divisez votre épargne en trois enveloppes distinctes :

  • Poche sécurité (40 %) : Livret A, LDDS, fonds euros assurance-vie. Disponible immédiatement pour les imprévus.
  • Poche rendement (40 %) : SCPI, assurance-vie avec UC, obligations. Génère des revenus réguliers.
  • Poche transmission (20 %) : assurance-vie dédiée à la succession, donation-partage. Optimise la transmission aux enfants ou petits-enfants.

Stratégie 2 : Utiliser le levier immobilier via le prêt viager hypothécaire

Le prêt viager hypothécaire est une solution méconnue mais puissante. Il permet de transformer la valeur de son logement en liquidités, sans le vendre et sans quitter son domicile.

Exemple concret : Suzanne, 74 ans, est propriétaire d’un appartement estimé à 280 000 €. Elle obtient un prêt viager hypothécaire de 70 000 €, qu’elle utilise pour investir en SCPI et financer ses besoins quotidiens. Elle continue à vivre chez elle, sans rembourser de mensualités de son vivant. Ce type de montage est détaillé dans notre guide Vendre en viager à 60 ou 70 ans : guide complet.

Stratégie 3 : Diversifier avec des placements à impact limité sur les revenus imposables

Les retraités sont souvent taxés sur leurs revenus de placement. Quelques solutions permettent de limiter la note fiscale :

  • PEA (Plan d’Épargne en Actions) : les plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu après 5 ans (hors prélèvements sociaux à 17,2 %)
  • Livrets réglementés : Livret A, LDDS et LEP sont totalement exonérés d’impôts et de prélèvements sociaux
  • Assurance-vie après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple) sur les gains lors des retraits

Quels sont les pièges à éviter absolument ?

Les seniors sont malheureusement des cibles privilégiées pour certaines arnaques financières. Voici les erreurs et pièges les plus fréquents :

  • Les produits atypiques à rendements extraordinaires (cryptomonnaies non régulées, “placements garantis à 10 %”) : méfiez-vous de tout ce qui promet des rendements irréalistes
  • Immobiliser toute son épargne : même pour des placements rentables, garder toujours une poche liquide d’au moins 6 à 12 mois de dépenses
  • Négliger l’inflation : un taux de 3 % sur un livret A peut sembler bon, mais si l’inflation est à 3,5 %, vous perdez en pouvoir d’achat réel
  • Ignorer les frais : certains produits d’investissement affichent des frais de gestion élevés (2 % à 3 % par an) qui mangent l’essentiel du rendement
  • Investir sous pression : ne jamais signer un contrat le jour même d’une démarchage téléphonique ou d’un rendez-vous non sollicité

Si vous rencontrez des difficultés pour accéder au crédit afin de financer vos projets, consultez notre article Prêt senior refusé par la banque : quelles alternatives.


Comment financer un investissement quand on est retraité ?

Certains seniors souhaitent investir mais n’ont pas toujours les liquidités disponibles. Le recours au crédit peut alors être envisagé, à condition de bien calibrer son endettement.

Pour un retraité, les banques retiennent généralement comme mensualité maximale 30 à 35 % des revenus nets. Avec une pension de 1 800 € par mois, cela représente entre 540 € et 630 € de charge mensuelle maximale.

Le Guide investissement senior retraite #50 : conseils pratiques aborde en détail les stratégies de financement complémentaires, notamment lorsque les revenus de pension sont la seule garantie présentée à la banque.

Des solutions existent aussi pour racheter des crédits existants et dégager de la capacité d’investissement. Voir notre Guide rachat crédit senior #64 : conseils pratiques.


Checklist avant de prendre une décision d’investissement

Avant de signer quoi que ce soit, posez-vous ces questions :

  • Est-ce que je comprends parfaitement ce produit et ses risques ?
  • Ai-je besoin de ces fonds dans les 3 prochaines années ?
  • Quels sont les frais d’entrée, de gestion et de sortie ?
  • Ce placement est-il commercialisé par un professionnel régulé (AMF, ACPR) ?
  • Ai-je demandé un second avis à un conseiller indépendant ?
  • Ce rendement est-il cohérent avec le niveau de risque affiché ?
  • L’horizon de placement correspond-il à mon âge et à mes besoins prévisibles ?

Questions fréquentes

À quel âge est-il trop tard pour investir ?

Il n’existe pas d’âge limite légal pour investir. À 80 ans, on peut encore placer sur un fonds euros ou des SCPI. L’important est d’adapter l’horizon de placement et le niveau de risque à sa situation réelle. Un retraité en bonne santé de 78 ans a statistiquement encore 10 à 12 ans devant lui.

Quelle différence entre assurance-vie et PER pour un retraité ?

L’assurance-vie est plus souple et accessible à tout moment, ce qui en fait le meilleur outil pour la majorité des retraités. Le PER est surtout intéressant pour réduire l’imposition pendant les années de travail. Une fois à la retraite, l’avantage fiscal du PER est moindre et la liquidité plus limitée.

Les SCPI sont-elles vraiment sûres pour un senior ?

Les SCPI sont des placements immobiliers collectifs régulés par l’AMF. Elles ne sont pas garanties en capital, mais leur risque est mutualisé sur des dizaines ou centaines d’immeubles. En 2025, les SCPI établies n’ont jamais affiché de rendement négatif sur 10 ans. C’est un risque modéré, adapté à un profil prudent à partir de 60-65 ans.

Peut-on investir en SCPI avec un crédit à la retraite ?

Oui, certaines banques accordent des crédits immobiliers pour financer des parts de SCPI jusqu’à 75 ou même 80 ans selon les établissements. L’effet levier peut être intéressant si le taux du crédit est inférieur au rendement de la SCPI. Il faut cependant veiller à ne pas dépasser le taux d’endettement acceptable.

Comment protéger ses placements en cas de dépendance future ?

La solution la plus courante est de combiner une assurance dépendance (souscrite idéalement avant 70 ans) avec une épargne liquide dédiée. Un contrat d’assurance-vie avec clause de rachat automatique en cas de dépendance peut aussi être mis en place. Certains produits spécifiques permettent un doublement des prestations en cas de perte d’autonomie avérée.

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